Mouvements de terrain

1. Généralités

Les mouvements de terrain (glissements, éboulements ou écroulements de terre, de rochers, de boue ou de pans de montagne) surviennent souvent simultanément à des intempéries (pluies diluviennes, tempêtes), à des séismes, inondations, avalanches ou à la fonte des neiges. Il n'est fréquemment pas possible de distinguer entre les causes et les effets, de même qu'il est difficile de distinguer entre les mesures de prévention et de précaution.
Selon le phénomène qui est à l'origine du danger majeur, les effets dommageables peuvent toucher des régions entières (p. ex. : inondations ou fleuves de boue) ou des secteurs limités (écroulements de rochers).
En outre, un événement très localisé peut avoir des conséquences de grande ampleur, notamment à la suite de l'interruption des voies de communication (routes, voies de chemin de fer, téléphériques, etc.) ou des dommages à l'infrastructure (immeubles d'importance vitale, lignes électriques, réseau des télécommunications, conduites et réservoirs d'eau, de gai ou de matières toxiques ou polluantes).
Les mouvements de terrain peuvent également menacer la sécurité des barrages hydrauliques et des installations de production de l'électricité (centrales, transformateurs, etc.), voire constituer des accumulations importantes d'eau constituant des retenues instables menaçant la population et l'infrastructure sises dans la partie inférieure des vallées.


2. Mesures de prévention et de précaution

Les mouvements de terrain peuvent être lents ou rapides ; ils peuvent être généralement prévus par l'observation des zones réputées instables et en considérant les prévisions météorologiques (intempéries).
Les mesures de prévention consisteront dès lors en aménagements et constructions destinés à éviter, ou du moins à limiter les mouvements de terrain par des travaux de stabilisation : terrassements, drainages, ancrages, injections dans la profondeur des sols, ou encore par la construction de digues de retenue ou de détournement, de tunnels, de galeries, etc. Le boisement des zones instables constitue également une mesure de prévention efficace.
En ce qui concerne les mesures de sécurité prise à long terme, il importe que la législation sur l'aménagement du territoire exige une appréciation systématique des dangers naturels en puissance. E faut avant tout prévoir les aléas naturels lors de la détermination des zones d'habitation et de l'octroi des autorisations de construire.
Ces mesures seront complétées par l'observation permanente des zones instables et par une obligation d'entretien des forêts et de la végétation, ainsi que par l'aménagement des cours d'eau d'altitude (chutes, bassins de dessablage, digues, etc.).
Les effets dommageables des mouvements de terrain seront évités ou limités a priori par les mesures de prévention et de précaution suivantes:
- Observation permanente ou ponctuelle des zones instables présentant des dangers majeurs (observatoires ou instituts spécialisés);
- Organisation d'une ou plusieurs centrales d'information et d'alarme à l'intention des autorités et de la population;
- Planification d’interdictions de construire ou de séjour dans les zones menacées, avec interdiction de circuler ou d'utiliser certaines voies de communication (routes, chemins de fer, etc.);
- Édification de constructions et d'aménagements destinés à éviter ou limiter les mouvements de terrain, ainsi que protéger la population;
- Planification de l'évacuation des populations éventuellement menacées;
- Constitution d'organes de conduite et de moyens d'intervention bien équipés et instruits, disposant d'experts en géologie.



3. Mesures d'intervention et de secours

Dès la manifestation d'un mouvement de terrain dangereux et de la détermination de ses caractéristiques, les autorités locales, régionales ou nationales prennent les mesures de protection ponctuelles dictées par la situation (service d'observation et d'alarme, bouclage du secteur menacé, information de la population et éventuellement évacuation de tout ou partie des habitants et de leurs biens). La consultation d'experts (géologie, génie civil) est indispensable, de même que la connaissance des effets dommageables des événements antérieurs (étude historique des aléas géologiques).
La gestion des mesures de protection, de sauvetage, d'assistance et de réhabilitation incombe aux autorités politiques locales ou régionales, qui assurent l'engagement coordonné des moyens civils et militaires disponibles. Si les moyens d'intervention nationaux se révèlent insuffisants au vu de l'évolution probable de la situation, le gouvernement de l'Etat sinistré peut faire appel à l'aide internationale d'urgence. Celle-ci devrait autant que possible être coordonnée par le Département national de l'intervention et les organisations humanitaires non-gouvernementales.

 

4. Principes de comportement de la population

4.1 Lors d'un danger imminent de mouvement de terrain
- Se conformer aux prescriptions concernant l'aménagement du territoire, plus particulière¬ment en ce qui concerne les interdictions de construire, de séjour ou de passage;
- S'informer des mesures de protection ponctuelles, plus particulièrement connaître les signaux d'alarme et les modalités d'évacuation;
- Disposer en permanence d'un bagage de secours pour la famille, comprenant notamment les papiers d'identité, les documents personnels (certificats médicaux, de vaccination, de groupes sanguins) et les médicaments personnels, ainsi que d'un récepteur radio portatif et d'une lampe de poche.

 

4.2 Pendant la catastrophe

- Garder son calme et alarmer les voisins, en aidant particulièrement les handicapés, les enfants et les vieillards;
- Se conformer aux ordres des autorités et des organes d'intervention, notamment en ce qui concerne l'évacuation des personnes et du bétail;
- Ecouter la radio, mais ne pas se servir inutilement du téléphone;
- Couper l'électricité et le gaz et si le temps est suffisant, transporter les objets de valeur aux étages supérieurs et dans les parties les plus résistantes de l'immeuble;
- Ne pas utiliser les voitures privées, sauf avec l'autorisation des organes d'intervention (évacuation des malades, blessés, enfants et vieillards);
- Fermer les portes, fenêtres et volets, si possible en les renforçant.

 

4.3 Après la survenance de la catastrophe

- Rester calme (lutter contre la panique);
- Vérifier s'il y a des blessés dans le voisinage et si possible leur porter secours;
- Ecouter la radio, mais ne pas se servir inutilement du téléphone;
- Détecter les foyers d'incendie dans l'immeuble et tenter de les éteindre;
- Collaborer avec les organes officiels de sauvetage ainsi qu'avec les services d'assistance aux sans-abri;
- Collaborer à l'identification des cadavres.